les fruits & légumes CES INDISPENSABLES

Comme évoqué dans notre édito, cette tendance de « produits locaux » en alimentaire est issue d’une réponse de l’ensemble des acteurs de vente aux changements de comportements de consommateurs, marquées par des crises sanitaires à répétition dont la Covid19 qui a renforcé cet ancrage au regard des études et enquêtes récentes.

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Le consommateur et son alimentation

Les produits locaux apparaissent donc comme une réponse sous forme d’un gage de confiance face à une « distanciation » croissante entre le consommateur et son alimentation, avec un engouement porté par des qualités supposées, puisqu’il n’existe encore aucune définition officielle voire réglementaire.

Pas de définition mais une notion de produit alimentaire local qui est attachée à l’acte de consommation de ce produit avec une distance géographique qui doit être considérée comme… raisonnable par le consommateur. Cette subjectivité dépend notamment de l’aliment consommé et de sa production locale possible (ex des huitres de Bretagne) et de sa caractérisation géographique (la clémentine de Corse).

La demande en produits alimentaires locaux est une réponse donc contemporaine à la distanciation entre le citoyen et son alimentation :

> distanciation géographique (éloignement entre lieux de production et de consommation, érosion des capacités de production à proximité des grandes villes, en particulier les ceintures maraîchères, artificialisation des sols par l’extension urbaine, spécialisation des territoires agricoles par grandes zones de production) ;

> distanciation économique (augmentation du nombre d’intermédiaires et méconnaissance de ces intermédiaires) ;

> distanciation cognitive (perte de savoirs sur l’origine et les méthodes de production des aliments) ;

> distanciation politique (perte de prise sur le système alimentaire).

Et même s’il n’y a pas de causalité démontrée entre le caractère local d’un produit et ses qualités nutritionnelles, les corrélations observées par l’impact positif sur la santé de la consommation de produits locaux sont expliquées par une attention accrue du consommateur à l’ensemble de son régime alimentaire, notamment une surreprésentation des fruits et légumes frais dans son alimentation par rapport au reste de la population, et, plus largement, une attention à son hygiène de vie.

 

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La consommation des produits locaux

L’enquête Ipsos d’octobre 2019 sur la consommation de produits locaux montre d’ailleurs que, pour leurs achats de produits locaux, les consommateurs privilégient les légumes (pour 71% des Français, plusieurs achats dans l’année), les fruits (68%), les œufs (60%) et les produits laitiers (52%). C’est avant tout la connaissance de l’origine du produit, voire de son caractère local ou régional, qui rassure le consommateur dans son acte d’achat, avant les labels ou le caractère bio.

consommateur et alimentation 1439367539En outre, dans un contexte de crise du Covid-19, 63% des Français déclarent en avril 2020, être prêts à consommer plus de produits locaux pour soutenir l’économie. Cependant, ils affirment conjointement que le prix reste le premier critère de choix dans l’acte d’achat.

Il est également important de souligner que la quête de produits locaux par les consommateurs individuels va de pair avec la recherche du contact et des échanges avec les producteurs traditionnellement réalisés grâce à un acte d’achat en direct (ventes à la ferme, sur des marchés de producteurs ou de plein vent, dans des magasins de producteurs). L’achat de produits locaux, s’il ne présente pas la dimension militante du début de l’agriculture biologique, est souvent le fait de personnes recherchant la qualité et la fraîcheur des produits, l’authenticité du goût et disposant d’un minimum de connaissances relatives à la saisonnalité des productions et à la réalité de l’offre locale.

Pas étonnant donc que les producteurs et distributeurs aient scénarisé cette proximité pour (re)créer du lien entre le consommateur et le producteur avec des gammes de produits aux slogans « paysans, fermiers, tradition… » et un marketing orienté vers cette douce France. D’autant que le consommateur français a beau vouloir du local, il n’en a pas forcément le temps pour l’achat et la préparation. Les initiatives combinées de toutes les filières sont donc bien perçues pour ne pas dire attendues par le consommateur pour lui permettre d’acheter facile…

 

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La vente en ligne de produits locaux

Pour information, la vente en ligne des produits alimentaires locaux repose sur le marché très porteur de la vente en ligne des produits alimentaires qui, en 2019 représentait 6% du marché en ligne en France, 80% du chiffre d’affaires étant réalisé en drive et 20% en livraison à domicile.

D’autant que les produits vendus en circuits courts ne sont pas nécessairement des produits locaux… Un circuit court est un mode de commercialisation des produits agricoles qui s’exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur (vente à la ferme, marché de producteurs, vente par correspondance hors plateformes…) soit par la vente indirecte, à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire entre l’exploitant et le consommateur. Les circuits courts ne sont donc pas officiellement définis bien qu’une définition informelle fasse référence pour les acteurs :

« Est considéré comme circuit court un mode de commercialisation des produits agricoles qui s’exerce soit par la vente directe du producteur au consommateur, soit par la vente indirecte, à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire entre l’exploitant et le consommateur ».

Souhaitons donc à ces « produits locaux » de belles perspectives pour la plus grande joie du consommateur et qu’ils puissent les rapprocher de cette alimentation Santé et Plaisir ; tout en espérant au plus tôt des définitions réglementaires claires avec des mesures séparant les distanciations, les dénominations et l’étiquetage pour éviter tout éventuel point de rupture de confiance au regard notamment de l’article L.441-1 du code de la consommation, qui précise que l’origine géographique d’un produit est une qualité substantielle dès lors qu’elle constitue un élément essentiel de la décision d’achat.

Rapport du Conseil Général de L’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces ruraux - Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation

https://agriculture.gouv.fr/produire-frais-et-local

Marc ANTOINE - Diététicien nutritionniste - Consultant externe du Pôle Qualité GEDAL 

 

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